Il faut se méfier de Google

J’utilise Google search depuis très longtemps.

Après des années de bons et loyaux services, j’ai vu Google changer. J’ai d’abord vu apparaître les “résultats achetés” qui étaient une forme de publicité qui permettait à l’annonceur de faire apparaître son site comme le premier résultat d’une recherche, quelle qu’elle soit.

Vous travaillez pour Mercedes et vous achetez le résultat en première ligne pour toute recherche de “belles voitures BMW ou Audi” ou une quelconque association de ces termes.

Vous qui hésitez entre une Audi et une BMW, il n’est pas certain que si vous tapez “belles voitures BMW ou Audi” dans Google, vous souhaitiez voir une Mercedes (il s’agit d’un exemple, inutile d’essayer il ne fonctionne pas).

Dans le chef de Google, c’est évidemment contestable pour un moteur de recherche de vendre des faux résultats, mais à l’origine ils étaient clairement identifiés. L’utilisateur voyait qu’il s’agissait de publicités ciblées, et que les résultats réels étaient plus bas. Ces derniers temps, cette différence entre résultats potentiellement faux et vendus aux annonceurs et résultats “honnêtes” issus de l’algorithme de Google me semble s’estomper chaque jour un peu plus.


Google a pris un pouvoir énorme. Il s’est placé entre nous et l’information. Et il me semble prêt à devenir le premier propagateur de fake News, pour autant qu’on lui en paye l’emplacement.

Un été chaud

Il y a 21 ans, je m’en souviens bien, l’été était chaud. En 1998, j’avais quitté le studio Polygone en disant que je ne reviendrais pas après les vacances. J’y étais monteur / truquiste numérique indépendant depuis 13 ans. J’avais décidé de créer ma propre boîte. Un studio de post-production avec le premier Smoke (Discreet Logik) de Belgique. Un système de montage / trucage / étalonnage non linéaire révolutionnaire, surtout parce qu’il était indépendant de la résolution.

A l’époque, tous les systèmes existants et puissants en terme de manipulation d’image ne travaillaient que sur les définitions usuelles de la vidéo, en PAL ou en NTSC.

Smoke, et son grand frère Flame, pouvaient travailler sur toutes les tailles d’images. En 1998, on faisait beaucoup de publicités chez Polygone. La clientèle publicitaire est très volatile. J’en ai profité cet été là. J’en profiterai moins six ans plus tard, quand mon associée minoritaire passa chez un concurrent, avec presque tous les clients.

Toujours est-il que l’été 1998 était chaud. J’avais quitté mon boulot, emprunté 17 Millions de francs belges et attendais septembre pour voir combien de clients seraient au rendez-vous chez MatchBox.

La Région Wallonne, la RTBF, les archives et l’avenir

Lors de la création de la Société Anonyme Sonuma, il y a 10 ans, la Région Wallonne a injecté 20 millions d’euros. Elle le fit par l’intermédiaire de la Société Wallonne de Financement des Infrastructures des Pôles de Compétitivité. Les autres associés étaient la Communauté Française (aujourd’hui Fédération Wallonie Bruxelles – FWB) et la RTBF. La FWB apporta 4 millions d’euros et la RTBF apporta ses archives jusqu’à l’année 2009. L’apport en nature de la RTBF fut estimé à 16 millions d’euros. La Sonuma SA était donc capitalisée à hauteur de 40 millions d’euros et disposait de 24 millions de cash. 

Ces investissements ont permis à la Sonuma SA de s’installer à Liège et de fonctionner pendant 9 ans. Elle a numérisé la totalité des archives audio et vidéo de la RTBF en sous-traitance (majoritairement hors Wallonie) et une partie des archives film en interne. Ces archives ont été enrichies et valorisées. Lorsque la totalité des liquidités disponibles furent épuisées, en 2018, la Sonuma SA se mua en ASBL (association sans but lucratif) culturelle subsidiée par la Communauté Française.

La Région Wallonne ne fait pas partie des associés de l’ASBL Sonuma. Pour la RW, la conséquence de son investissement initial est l’installation d’une société à Liège, société qui a compté plus d’une trentaine de membres dans son personnel à une époque, et qui est aujourd’hui une ASBL culturelle qui compte environ une douzaine de personnes sur son payroll.

La RW n’est pas en charge des matières culturelles mais bien industrielles. C’est en cette qualité qu’elle est intervenue dans la SA Sonuma qui était une société à but commercial. Celle-ci devait gagner de l’argent en commercialisant les archives que la RTBF lui avaient cédées.

La principale activité industrielle développée par la Sonuma SA est la cellule de restauration et de numérisation de pellicule film dont elle veut aujourd’hui se défaire afin de dégager du cash et de ne plus être en charge de l’aspect opérationnel de la numérisation des archives.

Pour la RTBF, les retombées positives de l’existence de la Sonuma SA ont été la numérisation de ses archives grâce à l’aide de la Région Wallonne.

Gageons que pour la Région Wallonne, un développement autonome de la chaîne de restauration et de numérisation de la pellicule film sera un bel accomplissement. Cette filière industrielle et artisanale, performante et active depuis plus de 4 ans, pourra devenir pérenne et voir son flux d’affaires grossir comme certains spécialistes l’envisageaient depuis plusieurs années. Elle pourra également devenir un centre de formation aux métiers de la numérisation et de la restauration de médias d’origine argentique.