Archives de catégorie : Sonuma

Le Syndrome du Vinaigre

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Sous ce titre un peu inquiétant se cache un phénomène très courant dans le traitement des archives sur pellicule film, et des films « âgés » de façon plus générale. Ce n’est pas la seule dégradation que la pellicule puisse subir avec le temps, mais dans le cas des films « modernes », c’est certainement la plus fréquente. Par films modernes, j’entends les films dont le support est le tri acétate de cellulose qui a remplacé à partir de la fin des années quarante les films en nitrate de cellulose qui étaient spontanément inflammables à partir d’une certaine température, et donc dangereux à manipuler.

Le tri acétate de cellulose, appelé plus couramment acétate de cellulose, est le support des couches d’émulsion argentique photosensible. Il est fabriqué par un traitement chimique avec de la cellulose et de l’acide acétique.

Malheureusement, sa stabilité à long terme est relative. Si la pellicule n’est pas conservée dans des conditions de température et d’humidité optimales et très stables, le risque d’apparition du syndrome du vinaigre existe. Et soyons honnêtes, des archives qui ont 50 ans ou plus n’ont à peu près jamais été conservées dans des conditions optimales. Il semble en outre que certaines bactéries et levures présentes dans l’air accélèrent le processus, ainsi que la rouille des boitiers métalliques.

Mais en quoi consiste ce syndrome du vinaigre ? Le tri acétate de cellulose se désolidarise, et la cellulose revient à son état originel, de même que l’acide acétique qui n’est autre que du vinaigre. Lequel lentement s’évapore et diffuse une forte odeur. Les bobines de pellicule atteintes sentent fort, ou même très fort le vinaigre.

Cette dégradation atteint le support de façon aléatoire et en surface. Un film atteint par le syndrome du vinaigre présente plusieurs symptômes, outre l’odeur dont nous avons parlé.

  • Comme un de ses composants (l’acide acétique) s’est, en partie, évaporé, le film a rétréci. Cette réduction de taille, appelée le retrait, peut aller jusqu’à 5%. Le film est donc 5% plus court que ce qu’il était à l’origine. Et l’espace entre les perforations a donc rétréci d’autant.
  • Le film n’est pas atteint de façon égale sur toute sa surface, mais bien à certains endroits et de façon aléatoire. On a donc une surface à l’origine plane qui subit localement un rétrécissement. Il en découle une ondulation dans les deux axes, tant dans le sens de la longueur de la pellicule que de la largeur.
  • Dans les cas les plus extrêmes, la pellicule perd de la transparence. La cellulose désolidarisée du vinaigre ne conservant pas ses propriétés de transparence.

Si on veut numériser dans un but de pérennisation de la pellicule atteinte par ce syndrome, et c’est notre cas tous les jours à la Sonuma, il faut mettre en œuvre des procédures particulières.

Comme le film a rétréci, il n’est plus possible d’utiliser des cabestans avec ergots pour l’entrainement ou la régulation de la vitesse. En effet, l’utilisation de cabestan avec ergots tel qu’illustré ici aurait pour effet immédiat de déchirer notre pellicule car suite au retrait, les perforations sont moins espacées.

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Pour palier à ce problème potentiel, on utilise des machines équipées uniquement de cabestans lisses. En caoutchouc pour l’entrainement ou le nettoyage et en métal pour le guidage. Le comptage des perforations est effectué par une caméra située à coté du scanner et qui régule le moteur d’entrainement pour maintenir un défilement constant du nombre d’images par seconde.

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Le problème qui se pose encore est de s’assurer que la pellicule sera bien plane au moment de sa numérisation. En effet, le capteur numérique travaille avec une profondeur de champs très faible, et une ondulation de l’image peut rendre une partie de celle-ci floue. On utilise à cette fin un galet presseur monté sur le gate. L’image est écrasée juste au moment où elle passe sous le scanner.

On voit ici le galet presseur ouvert sur le gate. La source de lumière vient d’en bas, le film défile sur le gate et il est aplati par le galet qui est alors fermé. Le capteur est en haut. De cette façon, on obtient un maximum de netteté sur l’ensemble de la surface de l’image sans lui imposer de trop grands efforts mécaniques.

 

 

Les problèmes de l’image se posent également pour le son. Les archives des télévisions sont en général en sepmag, ce qui signifie que le son est sur de la pellicule 16mm magnétique séparée. Dont le support est également de l’acétate de cellulose. Le problème est donc semblable. Dans ce cas-ci, c’est un laser qui compte les perforations et qui corrige sans arrêt la vitesse de défilement pour la maintenir la plus proche possible de la vitesse nominale (dans ce cas-ci 25 images par seconde). Et de nouveau, tous les cabestans sont lisses pour ne pas risquer de de déchirer la pellicule.

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Mes journées avec la pellicule

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Pellicule et archivage

J’ai la chance de m’occuper depuis 2015, avec une excellente équipe, de la numérisation des archives sur pellicule à la Sonuma. C’est un projet passionnant. Un des objets de la Sonuma est la restauration, la numérisation, l’indexation, la conservation et la commercialisation des archives de la RTBF (télévision belge francophone). Après avoir dès 2009 entamé la numérisation des programmes radios (bandes magnétiques et cassettes) et des supports vidéo (bandes open reel et cassettes), il restait en 2014 à s’attaquer aux 8000 heures de pellicule film datant des années 50 à 80. Un peu d’histoire s’impose.

60 ans d’évolution

Au début de la télévision belge, dont la première émission date du 2 juin 1953, la pellicule film est le seul moyen d’enregistrement de l’image. On tourne principalement en 16mm inversible. Le 16mm pour des raisons d’économie et de mobilité, l’inversible pour une question de rapidité. En effet, comme dans le cas des diapositives, il n’est pas nécessaire de faire un tirage positif pour projeter les images tournées sur de la pellicule inversible. Après développement, l’image est « positive » sur la pellicule provenant de la caméra. Le son est enregistré sur un magnétophone séparé, sur bande lisse, et repiqué (copié) sur de la bande magnétique séparée 16mm perforée (sepmag) pour le montage. Le fonds dont nous avons en charge la numérisation est donc constitué à 99 % de 16mm inversible, pour moitié en noir et blanc et pour moitié en couleur avec son séparé.

Fumer à l’antenne

Nous sommes confrontés toute la journée avec les émissions qui étaient diffusées de la fin des années 50 jusqu’au début des années 80. C’est réellement passionnant. De nombreuses différences avec l’époque actuelle sautent aux yeux. La moindre n’est pas que présentateurs et intervenants fumaient presque tous à l’antenne dans les années 60. J’aurai l’occasion dans les mois qui viennent de vous faire part des réflexions que m’inspirent les évolutions culturelles et technologiques des contenus et des contenants.

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